Randonnée au dessus de Collias par la Torte et l'Ermitage

Situé sur la rive gauche du Gardon, Collias devrait son nom aux Grecs. Les occupants successifs ont laissé des traces et notamment l'occupation de grottes au Paléolithique.

Traditionellement, les villages sont souvent installés en pièd de coteau à l'interface entre l'espace agricole, ici la plaine alluviale de l'Alzon, l'espace pâturé et la forêt.

A Collias restent les vestiges de plusieurs moulins, celui-ci, dont la cascade vient buter sur un ancien pont romain, faisait tourner une meule écrasant les céréales l'été et se transformait dès novembre en moulin à huile.

La rivière Alzon, longue de 23,7 km, prend sa source sur la commune de La Capelle-et-Masmolène, à 200 m d'altitude, avant d'arroser la ville d'Uzès et se jeter ici dans la Gardon à 24 m d'altitude.

La plaine de l'Alzon au nord de la commune de Collias abrite une quinzaine d'exploitations orientées vers la culture de la vigne, des olives, des cerises, des abricots et des asperges.

L'espace le + attractif des garrigues de Nîmes reste les Gorges du Gardon, notamment en période estivale où la fréquentation est la plus importante et les lieux de Baignade pris d'assaut.

La fréquentation reste cependant contenue entre le Pont-St-Nicolas et le Pont-du-Gard avec des points d'accès privilégiés ici à Collias, au Pont-du-Gard et au Pont-St-Nicolas.

Cependant, contrairement au reste du massif des garrigues, les gorges du Gardon bénéficient d'une bonne protection puisqu'il s'agit d'un site classé qui le protège de toute urbanisation.

Ces paysages sauvages restent peu accessibles et sont le refuge d'une faune spécifique et protégée (castor, aigle de Bonelli, vautour percoptère), mais elles sont aussi très prisées des touristes en période estivale.

Le Gardon, en creusant le calcaire du massif des garrigues sur 15 km entre Russan et Collias a façonné d'impressionnantes gorges, créant une faille de 150 m bordée de falaises blanches de roche à nu.

L'ancienne voie de la Torte (la Tortueuse) qui menait de Collias à Cabrières avec ses bornes chasse-roues qui empêchaient les véhicules de basculer et protégeaient les murs de soutènement fut bâtie de 1815 à 1830.

Entre Collias et Cabrières, ce vieux chemin vicinal aux soutènements de pierres sèches fut reconstruit sous Louis XVIII et sa chaussée revêtue de plusieurs couches de pierrailles ajustées à la main.

La forêt de Chêne vert constitue le climax des régions méditerranéennes, en particulier sur calcaire compact. Les incendies et l'action de l'homme le font régresser au profit d'autres espèces qui constituent un stade de dégradation de la yeuseraie.

Le coeur médiéval de Collias est situé sur le versant sud du coteau du Gardon. Son église St Vincent date du XIXe siècle.

Longtemps, la garrigue a été considéré comme le résultat négatif d'une surexploitation des milieux. Aujourd'hui la forte diversité de ces milieux, leur richesse et l'originalité leur faune font apparaître l'intérêt de leur maintien.

Sur le chemin de la Torte, les bornes chasse-roues et les soutènements solidarisés avec l'empierrement par des boutisses ont été restaurés récemment.

Sur le calcaire, associé au Chêne vert, le pistachier térébinthe (ici avec ses jeunes pousses rougeoyantes) associé à d'autres espèces de la yeuseraie forme une state arbustive bien représentée.

Le village de Collias qui compte près de 1000 habitants contre environs 500 aux alentours de 1975 se situe au sein d'une vaste zone de collines et plateaux calcaires peu marqués, à l'exception du Mont Bouquet qui culmine à 629 m d'altitude (à l'arrière de la photo).

En France, on parle de Garrigues sur les roches calcaires et de maquis sur les sols acides. Ici, les contraintes liées à la sécheresse et à la pauvreté du sol conduisent à la présence d'une végétation à feuillage persistant, avec des feuilles coriaces.

Parmi les sous-arbustes et les plantes herbacées, le thym, le Ciste cotonneux (ici à la gauche de la photo), le genêt scorpion, la lavande aspic, forment l'essentiel de la végétation de garrigue.

La garrigue est une formation végétale secondaire, inégalement dense, résultat du pâturages et des incendies. Elle est tantôt sans arbres, tantôt boisée, mais y dominent les espèces arbustives, odorantes et à feuillage persistant.

Le village de Collias est situé à flanc de coteau au contact de la plaine de l'Alzon qui s'étale au nord de la commune en direction du plateau qui s'étend de Valliguières à St Siffret et Uzès.

Lorsque les incendies font régresser le Chêne vert, le chêne kermès, résistant au feu, s'installe alors avec des stades transitoires à faciès à ciste cotonneux, ajonc épineux et ici genêt scorpion.

Le thym signale souvent la présence d'une garrigue autrefois pâturée. En effet, en raison de son goût désagréable pour les ovins, il est laissé de côté par ceux-ci. Il apprécie les faciès de calcaire rocailleux.

La Garrigue est une formation végétale composée d'arbustes et de plantes herbacées méditerranéennes se développant sur terrains calcaires. Le Ciste cotonneux (ici représenté), le romarin, l'iris nain, le thym, ou le genévrier en sont les plantes les plus représentatives.

Le ciste cotonneux est un arbrisseau caractéristique de la garrigue, supportant bien une période d'aridité et appréciant les sols calcaires. Ciste vient d'un mot grec signifiant panier car ses feuilles ressemblent à un petit panier.

Le mot latin albidus de Cistus albidus, signifie "Blanchâtre" fait référence aux feuilles duveteuses particulières et non aux fleurs qui sont de couleur rose avec un aspect froissé caractéristique.

Les cistes font partie de ces espèces favorisées par le feu car elles repoussent très vite après son passage. Les graines dispersées sont très résistantes à ces températures et sont les premières à envahir un espace calciné.

Pour lutter contre l'activité dévorante des moutons, certaines plantes exhalent des parfums que la forte odeur rebute les moutons comme, les cistes, les lavandes, les thyms ou ici le romarin.

Les euphorbes, lorsqu'elles sont nombreuses caractérisent l'ancien passage de troupeaux d'ovins car le le latex brulant qu'elles contiennent étant toxique, elles sont délaissées par les brebis. L'Euphorbe characias, ici présente, est la plus représentative.

Certaines espèces végétales possèdent de véritables armes contre l'appétit des moutons. C'est notamment le cas du genêt scorpion aux longues épines acérées, véritables protections contre l'activité dévorante des brebis.

Le romarin au goût désagréable pour les moutons, témoigne, avec un faciès déjà buissonnant d'un état d'abandon ancien du pâturage ayant laissé le temps à des arbustes de taille moyenne de se développer. Il apprécie les calcaires pierreux et marneux.

Des petits végétaux succulents aux feuilles charnues et épaisses comme l'orpin blanc ainsi que des lichens de rochers sont l'indice de la présence d'une pelouse sur débris rocheux.

Cette pelouse pionnière qui colonise à l'état naturel les rebords d'escarpement et les dalles rocheuses calcaires vite desséchées en situation chaude est ici installée sur les murs de soutènement de cette ancienne voie de communication.

Le pistachier térébinthe est un arbuste à feuillage caduc poussant dans la garrigue dans les zones dégradées associées aux chênes verts et pubescents. L'essence de térébenthine lui doit son nom car elle était fabriquée, à l'origine, avec l'essence de cet arbre.

Le coronille arbrisseau ou faux baguenaudier est un arbuste buissonnant de 50 à 200 cm avec des feuilles caduques vert bleuté. Les très nombreuses fleurs jaune pâle s'épanouissent en ombelle de mai à octobre.

Dans les secteurs plus sensibles à l'urbanisation, dans un contexte d'incertitude quant à l'avenir des parcelles agricoles, les cultures pérennes (ici une parcelle d'abricotier sur le plateau de Beaumistat), sont les premières à disparaître.

Ces cultures pérennes impliquent un investissement important, car une olivette ne produit que 7 ans après sa plantation, et 3 à 4 ans pour une plantation d'abricotiers comme celle-là.

Après être passés devant le beau Mas de Laval, nous redescendons dans le vallon. Les nombreux mas isolés témoignent de l'intense activité agricole passée et notamment de l'activité pastorale des garrigues.

Dans cette descente, nous côtoyons une végétation hétérogène faite de plantes de pleine lumière comme les cistes cotonneux et de plantes d'ubac (versant nord exposé à l'ombre) comme le coronille arbrisseau.

Le massif des garrigues de Nîmes couvre 24 000 ha présentant des reliefs complexes et des paysages rocailleux marqués par la roche calcaire qui éclaire les vastes étendues vert sombre des chênes.

Par un sentier escarpé, nous descendrons bientôt au site de l'Ermitage.

Le site de l'ermitage est constitué par une chapelle bâtie sur les ruines d'un temple gallo-romain et par une grotte autrefois habitée par des ermites.

L'ermite le plus célèbres des environs est sans conteste St Vérédème dont la grotte est située près de la Baume sur les bords du Gardon un peu plus en amont.

Le dernier ermite du lieu Louis Mailhan serait mort en 1839. L'association des "amis de St Vérédème" entretient le site et y organise des manifestations, messes en plein-air, concerts.

Sur la gauche de la chapelle, la grotte de Laval a révélé des bijoux en bronze et des perles qui témoignent de son occupation très ancienne. Elle aurait été plus tard aménagée par des ermites qui l'habitèrent.

A côté de la grotte, se dresse la chapelle installée dans un ancien temple païen dédié à Minerve restauré ensuite dans le style roman.

Les inscriptions gravées sur une stèle décorée de sculptures de grappes de raisin témoigne d'une dévotion à Minerve, fille de Jupiter et dans la mythologie romaine, déesse de la guerre, de la sagesse et de l'intelligence.

C'est également sur le site religieux gaulois de la source de l'ermitage qu'aurait été découvert pour la première fois, le nom de Collias sur une stèle datant vraisemblablement du IIe siècle après J.C.

Un escalier empierré, bordé de murs de pierre sèche permet d'accéder au site de l'Ermitage.

Un escalier empierré, bordé de murs de pierre sèche permet d'accéder au site de l'Ermitage.

Les garrigues, anciens terrain de parcours des troupeaux de moutons ont rapidement perdu leur statut d'espace de production pour devenir des espaces considérés comme "naturels".

Aujourd'hui, le massif des garrigues apparaît comme un ensemble relativement boisé, mais il y a 50 ans, la forêt ne couvrait qu'une infime proportion laissant la part belle aux pelouses pâturées et garrigues à arbrisseaux.

L'amélanchier fait partie du cortège d'espèces arbustives comme le cormier, le buis et le genévrier qui accompagne le chêne blanc lorsque celui-ci s'installe dans les ubacs (versants nord), dans les fonds de vallée et le long des cours d'eau où l'humidité est plus forte.

Se réunissent autour du chêne blanc des plantes que l'on ne trouvent pas associées au chêne vert comme le viorne lantane, le buis, et ici la coronille d'ubac (Coronilla emerus).

L'amélanchier est l'arbuste discret des collines et très tôt ses groupes de fleurs blanches éclatent au moment où les feuilles ont encore leur pilosité protectrice.

De nombreux arbustes caractérisent la chênaie pubescente, l'amélanchier, le viorne lantane, l'alouchier, le cerisier (sur la photo) et des coronilles.

Le chemin en provenance de l'ermitage, descend le vallon boisé au fond de la combe et emprunte parfois le lit du torrent dans une ambiance ombragée propice au coronille arbrisseau.

Dans les vallons plus humides, les arbres plus élevés profitent de la présence de l'eau et de sols plus profonds pour former des boisements de chênes verts et de chênes pubescents dans une ambiance boisée et fraîche.

Les botanistes parlent de milieux ouverts quand la couverture végétale est basse et clairsemée. Lorsque le milieu est majoritairement constitué d'arbres et d'arbustes, on parle de milieux fermés.

Le long du Gardon la voie balisée longe la rivière et offre de belles vues sur le cours d'eau et les falaises des gorges.

Les gorges du Gardon sont très prisée pour les activités de pleine-nature telles que la randonnée, la spéléologie, le canoë-kayak, la baignade ou ici l'escalade.

En 1833, on inaugure un pont suspendu dont il ne reste que deux piles. Le nouveau pont de pierre fut construit entre 1920 et 1922 et sa structure, à la fois imposante et légère, enjambe de ses trois arches le cours de la rivière.

En aval de Collias, les espèces liées au cours d'eau, comme le castor, ont de fortes exigences concernant les milieux dans lesquels ils vivent, et l'impact des crues et de la fréquentation humaine est important sur le nombre de gîtes à castors.

L'Alzon avant de se jeter ici à Collias dans le Gardon, a traversé auparavant 6 autres communes : La Capelle-Masmolène, Vallabrix, St Quentin-la-Poterie, St Siffret, Uzès et St Maximin.

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