Croix de Schiste Pays de Nozay 44 Loire-Atlantique

Croix de schiste du Pays de Nozay

Carte des Croix de schiste du Pays de Nozay.

Croix du Pays du Schiste : Importance des croix en pierre bleue.

Croix de la commune d'Abbaretz

Croix Grigonnais

Carte Croix Nozay

Inventaire des croix de la commune de Puceul.

Croix Saffré

Croix Treffieux

Croix Vay

Croix sélectionnées Pays de Nozay.

Croix de Marsac/Don

La Localisation des croix de schiste affirme les contours du Pays du schiste (nord-est 44)

Gros-plan sur la région Nozay-Châteaubriant : Pays des croix de schiste. En bleu les croix de schiste, en jaune les croix de schiste avec Christ.

Une rubrique sur les croix de chemin du Pays de Nozay-Châteaubriant dans le nord de la Loire-Atlantique s'appuie sur un travail d'inventaire des croix de la région influencée par la taille de la pierre de Nozay et ses artisans  carriers, réalisé en 2016 et 2017 par José Teffo.


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Cet inventaire recense l'ensemble des croix mentionnées sur les carte IGN au 1/25 000 ème et certaines ne figurant pas sur celles-ci.

Sur l'ensemble de cette région comprenant la totalité ou presque de l'ancien arrondissement de Châteaubriant et certaines communes limitrophes du Pays d'Ancenis, La pierre de Nozay, schiste local a largement influencé le choix des matériaux utilisés dans la confection des croix de chemin et de cimetière.

L'objectif de cet inventaire est de mesurer l'influence et le rayonnement de la pierre de Nozay dans l'élaboration des croix et plus particulièrement dans la confection de Christ sculptés dans ce schiste local que l'on retrouve avec plus ou moins d'importance dans l'ensemble de cette région.

Pour essayer de visualiser l'aire d'influence de ce schiste bleu, une carte recensant la part des croix en schiste dans l'ensemble des croix de chaque commune de ce secteur a été réalisée (voir Inventaire Croix Pays Nozay)


    Rayonnement de la pierre bleue (par José Teffo)


Mon attrait pour la «pierre bleue» m’a amené à vouloir en connaître son rayonnement. Les nombreuses croix sur les chemins de nos campagnes m’en ont donné l’occasion.

Ainsi, il y a quatre ans, avec mon frère Didier, nous les avons répertoriées et photographiées sur quarante cinq communes, dans un rayon 30 kms autour de Nozay, plus de 1250, dénichées d’après les cartes IGN (et aussi un peu par le bouche à oreille, 10% pourraient être encore cachées dans les ronciers).

Dans une première couronne 10 kms (Abbaretz-La Chevallerais-Derval-La Grigonnais-Jans-Marsac-sur-Don-Puceul-Saffré-Treffieux-Vay), sur les 400, 190 sont en pierre bleue, auxquelles s’ajoutent les croix de fonte où ce matériau est majoritaire par leur socle et leur embase.

Dans la deuxième couronne 20 kms, comprenant Blain-Conquereuil-Le Gâvre-Guémené-Penfao-Guénouvry-Nôtre-Dame de-Grâce-Issé-Joué-sur-Erdre-Lusanger-La Meilleraye-Mouais-Saint-Vincent-des-Landes sur les 470 (dont plus de 100 à Héric), près de 100 croix de schiste ont été recensées, avec une vingtaine de croix en fonte.

A mon étonnement, la troisième couronne 30 kms, Bouvron-Chateaubriant-Erbray-Fay-de-Bretagne-Le Grand-Auverné-Louisfert-Moisdon-La-Rivière-Le petit-Auverné-Rougé-Saint-Aubin-des-Chateaux-Ruffigné-Saint-julien-de-Vouvantes-Soudan-Trans-sur-Erdre, Comporte pas loin de 400 croix (plus de 100 à Fay-de-Bretagne), La pierre bleue est présente sur 90 d’entre elles et sur une dizaine de croix de fonte.

Cela fait plus de 350 croix dont le schiste est majoritaire (38%) et près de la moitié sont pattées (170), les plates, rectangulaires et droites, les rondes sont quasi à égalité entre 50 et 60.

Si à Nozay il représente 90%, 60% à Marsac, ce qui est normal ces communes étant des lieux d’exploitation des carrières.

Dans la première couronne, 55% à Saffré et Treffieux, 45% à La Chevallerais, 42 à Derval.

Lusanger a la palme pour la deuxième couronne avec 48% suivi de près d’Issé et de Saint-Vincent, Héric 28%.

Le rail, tout nouvellement installé, vers 1870, peut expliquer les 65% de Saint-Aubin, dans la troisième couronne, 48 à Sion, 40% au petit et grand Auverné et Soudan.

Il faut cependant relativiser ces pourcentages et les ramener au nombre de croix de chaque commune qui peut passer de 10 à plus de100..

Si les croix de Nozay sont majoritairement simples (et pourtant 14 ont un christ sculpté sur les 42 encore existantes), elles deviennent de plus en plus travaillées et de plus en plus hautes au fur et à mesure que l’on s’éloigne. Où est la part de la foi chrétienne et l’affichage de la réussite sociale (ou la rivalité entre familles aisées), pour ces commandes qu’un ouvrier carrier ne pouvait en aucun cas offrir aux siens..

La palme revient encore à Lusanger où les maîtres carriers de Nozay se sont «lâchés»pour montrer sur cette petite commune, pourtant bien loin des carrières, tout leur talent en la matière: hauteur, finesse, prouesse d’assemblage, originalité, sculpture, beauté du veinage de la pierre. Tout y est, un patrimoine vraiment à conserver…

Un patrimoine qui s’est établi sur plus de 400 ans, avec l’apparition des croix dites «juliennes» taillées entre 1597 (Le Petit-Auverné) et 1650, poteaux indicateurs pour les pélerins se rendant par milliers à Saint-Julien de Vouvantes suite à un «miracle» qui se serait produit là, et à ses fontaines guérisseuses. Beaucoup ont été victimes de la Révolution, mais par leur construction en deux parties, un grand nombre de croisillons (qui ont pratiquement tous un christ sculpté), ont été démontés et mis à l’abri. Entre ces derniers et les croix complètes, il en reste environ 160 (dont une à Nantes et un certain nombre en Anjou et Castelbriantais).

Mais le tuffeau a détrôné la pierre bleue, on trouve cependant de très belles croix faites entre 1810 et 1820.

Puis la Révolution Industrielle apparût avec ses premières croix de fonte moulées, d’un prix abordable et aussi par la reprise des carrières par Jean Jacob FRANCK, constructeur de moulins, lorrain de Meurthe-et-Moselle, qui arriva à Nozay en 1861 en adaptant des machines pour le sciage et le tournage, il fût suivi par un nantais, Aimé Julien MAURICE en 1868.

Le premier, sculpteur talentueux, décupla sa production pour la production, entre autres, de dizaines de milliers de «cubes» formant les entourages des portes et fenêtres, les arêtiers des maisonnettes pour les garde-barrières de la ligne de chemin de fer, alors en construction.

.Ces moellons furent désormais partout (nouvelles églises, maisons) et entrèrent aussi dans la construction des socles des croix.

Les maîtres-carriers eurent leurs heures de gloire entre 1870 et 1900 (les plus belles croix sont de cette époque). La première guerre mondiale stoppa la production qui reprit un peu après par l’édification de croix de reconnaissance de retour de guerre.

Mais toutes les possibilités qu’offrent désormais le ciment et le béton, à moindre coût, furent fatales à la pierre bleue, quelques unes furent encore taillées pendant la deuxième guerre, et en ce qui concerne Nozay, la dernière fût le Calvaire de Créviac (aussi de reconnaissance) Ce n’est que du Fréour, le top du top, excusez du peu (érigé à l’origine sur la route Nantes/Rennes, déplacé dans la propriété lors de la déviation de la ville..

Au plus fort des exploitations, les carrières employaient près de 200 personnes, ce qui est peu par rapport à tout ce qui en est sorti. Un accident mortel en 1891 (il y en eût peut-être d’autres). J’ai un immense respect pour ces tailleurs (souvent d’anciens ouvriers agricoles), Ils en ont sué et éreinté pour donner le meilleur à cette pierre. Rien que pour cela, ce petit patrimoine se doit d’être préservé.


José Teffo


Plus d'infos sur l'inventaire des croix du Pays de Châteaubriant :  http://www.tresorsdupaysdechateaubriant.fr/349158116


Plus d'infos sur les croix en pierre bleue, schiste local, de la commune de Nozay sur le site de l'ASPHAN :

https://www.asphan.fr/les-croix-et-les-calvaires-de-pierre-bleue/


Inventaire des croix du Pays de Nozay- Châteaubriant.


Afin de connaître le rayonnement de la pierre bleue, schiste extrait localement dans la région de Nozay, en préalable à la création de l’association PEPITES44, nous avons, en 2016 et 2017, dressé un inventaire des croix du nord de la Loire-Atlantique dans un rayon d’une quarantaine de kilomètres autour de Nozay.

La trace de près de 1440 croix a été retrouvée grâce à leur inscription sur les cartes IGN au 1/25 000 et aussi par le bouche à oreille.

Au total, près de 1240 croix ont été photographiées et environ 200 n’ont pas été retrouvées dans l’immédiat.

Répartition des croix  :  Dans un rayon de 10 km autour de Nozay, on observe un ensemble de 400 croix ( le tiers du total), dont 190 sont en pierre bleue (auxquelles il faudrait ajouter celles en fonte où le schiste est employé dans le socle et dans l’embase).

Dans une seconde couronne, entre 10 et 20 km autour de Nozay, on recense 470 croix avec une centaine en schiste.

Dans la troisième couronne, entre 20 et 30 km et même au-delà, on observe pas loin de 400 croix et la pierre bleue est présente sur 90 d’entre elles.

Croix en schiste :  Sur environ 60 commune recensées, les quatre communes les mieux dotées  (Nozay, Saffré, Vay et Abbaretz) possèdent le quart de l’effectif des croix en schiste, une centaine de croix sur les 410 retrouvées.

10 communes, 1/6 du panel, possèdent la moitié des croix en pierre bleue avec un minimum de quinze croix pour les moins dotées.

On retrouve environ 170 croix pattées, typiques des années 1870.

Le schiste représente 90% des croix de la commune de Nozay, 60% de celles de Marsac/Don, deux communes possédant des carrières d’exploitation de la pierre bleue.

Il représente 55% à Saffré et Treffieux, encore 48% à Lusanger, 45% à la Chevallerais et 42% à Derval.

A Saint-Aubin des Châteaux les croix en schiste sont 65 % du total des croix, 48 % à Sion-les-Mines et toujours 40 % pour Petit-Auverné et Grand-Auverné malgré la distance au bourg de Nozay.

Ce pourcentage doit être relativisé en fonction du nombre de croix de chaque commune qui peut varier de 10 à 100.

Datation des croix  :  L’origine de ce patrimoine remonte parfois à plus de 400 ans, avec l’apparition des croix juliennes qui sont en quelque sorte des poteaux indicateurs sur le trajet parcouru par les pèlerins en direction de St Julien-de-Vouvantes, pèlerinage très en vogue à la fin du XVIIe siècle et tout au long du XVIIe siècle.

En raison de leurs construction en deux parties, avec un croisillon possédant la plupart du temps un christ sculpté, elles ont été démontées et mises à l’abri pendant la tourmente révolutionnaire.

Mais la majorité des croix de schiste de la région date de la fin du XIXe siècle, heure de gloire du renouveau des carrières de schiste après deux siècles de ralentissement d’activité.

Notamment, sous l’impulsion de la famille Franck, dont la première génération est arrivée de Lorraine et a su adapter les machines pour le débitage des moellons de schiste en grande série.

Période faste pour l’exploitation du schiste :

Ces milliers de « cubes » formant les entourages des portes et fenêtres et des chaînages d’angle des constructions ont été utilisés pour l’édification des maisons de garde-barrières et des ponts de la ligne de chemin de fer locale inaugurée en 1885.

A Nozay, au plus fort de l’activité, ils étaient environ plus de 150 à travailler directement dans une dizaine de carrières, avec 136 carriers répertoriés dans les listes nominatives du recensement de 1911 aidés de journaliers travaillant à l’occasion comme tireurs de pierre pour le compte des exploitants de carrières.

On retrouve alors comme exploitants de carrières (avec leurs ouvriers), notamment, les Franck, Bouvet, Launay, Benay?, Lemasson, Lessard.


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